Quand on est thérapeute, le syndrome de l’imposteur s’invite souvent sans prévenir : est-ce que tu connais cette sensation ? Ce petit doute qui s’installe juste avant une séance, cette voix intérieure qui murmure : « Et si je n’étais pas vraiment à la hauteur ? » 😅 Ou bien, ce moment où, par peur de ne pas savoir gérer, tu te surprends à refuser un client… 😖
Tu es pourtant profondément investi·e dans ton métier, tu as à cœur de bien faire et tu maîtrises ta posture. Mais là, face à cette personne qui te fait confiance, le doute s’impose. Sournoisement. Profondément.
Bienvenue dans le club 😉 ! Un club, bien sûr, que personne ne choisit, mais où beaucoup de psychopraticiens se retrouvent. Souvent seuls, souvent en silence.
Alors, je vais te dire quelque chose : moi aussi, je l’ai vécu. À différentes étapes de ma carrière : quand j’ai lancé mon cabinet, quand j’ai élargi ma pratique, ou quand j’ai commencé à accompagner des cas plus complexes. À chaque nouveau palier, cette petite voix revenait tout simplement frapper à ma porte. Et parfois, elle revient encore. 😌
Si tu te demandes en ce moment si tu es vraiment légitime, si tu as ta place dans ce métier, ou si tu peux vraiment aider les gens qui te font confiance — sache que tu n’es pas seul·e. Et surtout, tu n’es pas condamné·e à rester bloqué·e là.
Le syndrome de l’imposteur est un sujet dont on parle beaucoup trop peu dans notre profession. Pourtant, il a un impact direct sur ton énergie et la façon dont tu accueilles tes clients au quotidien. Regardons de plus près comment fonctionne ce mécanisme et comment retrouver de la stabilité dans ton cabinet.
Ce que tu vas trouver dans cet article :
- Le syndrome de l’imposteur : comment il fonctionne vraiment
- Est-ce normal d’avoir le syndrome de l’imposteur après une bonne formation ?
- Quand le doute reste : retrouver une posture intérieure stable
- 3 outils concrets pour continuer à accompagner malgré les doutes
- Le rôle de la supervision : l’outil indispensable de ta pratique
Le syndrome de l’imposteur : comment il fonctionne vraiment
Le syndrome de l’imposteur chez le psychopraticien, c’est cette conviction profonde et persistante de ne pas mériter sa place — et d’être perçu comme plus compétent qu’on ne l’est vraiment. Pendant longtemps, j’étais convaincue que mes clients allaient finir par me dire que j’étais une psy de pacotille😬. Ce n’est pas de la fausse modestie, ni un simple manque de confiance passager.
Les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes, qui ont décrit ce phénomène pour la première fois en 1978, ont montré qu’il touche précisément les professionnels les plus investis et les plus consciencieux — et les thérapeutes en font pleinement partie.
Le comprendre m’a personnellement permis de le dépasser.
Le plus difficile avec ce phénomène, c’est qu’il fonctionne comme une boucle qui s’auto-entretient 🔄.
Pour cela prenons un exemple, tu reçois un nouveau client ou un autre type de cas client différent de d’habitude, mais dans tes cordes. Alors là, l’anxiété monte en flèche. Tu passes alors beaucoup de temps à te préparer, à vérifier tes connaissances ou à chercher la bonne façon de faire. Ou comme moi tu procrastines.
Et pourtant la séance se passe bien. Très bien même.
Mais au lieu de conclure que tu as les compétences nécessaires pour accompagner cette personne, tu attribues souvent cette réussite à autre chose comme la chance, un client facile ou n’importe quel thérapeute aurait fait pareil….
Bref, pas toi la star du show.
Par conséquent, ton cerveau lui, n’enregistre jamais réellement la preuve de ta compétence. Alors chaque succès est minimisé, tandis que la moindre erreur devient une confirmation de tes doutes.
Une vraie distorsion cognitive😖.
Pour aller même plus loin
Pour ma part, mon syndrome de l’imposteur s’est manifesté par une formation en continue, trop de lectures, des heures à préparer certaines séances😅.
Je sais que pour d’autres cela a été plutôt rechercher régulièrement l’avis ou la validation d’autres professionnels. Remettre en question ses accompagnements même lorsque les clients avancent. Ou même se comparer à d’autres en oubliant ses compétences.
➡️ Avec le temps, j’ai compris que c’est ce mécanisme qui rend le syndrome de l’imposteur si difficile à déconstruire : malgré les preuves, les résultats et les retours positifs, on continue à penser qu’on n’est pas encore assez compétent·e.
Et plus tu cherches à te rassurer, plus cette impression peut paradoxalement se renforcer. En fait c’est rassurer de l’anxiété donc… normal ça revient !
Est-ce normal d’avoir le syndrome de l’imposteur après une bonne formation ?
Alors, la réponse est oui et même très souvent.😉
Après ta formation, tu arrives avec de bons outils, une méthode et un cadre bien défini. Mais il manque encore quelque chose d’essentiel dans ce métier : l’expérience !
Et c’est entièrement normal. « Car tu débutes, que ce soit dans le métier ou sur un nouveau type d’accompagnement. Et c’est là, que les problèmes arrivent.
➡️ Comme beaucoup de thérapeutes, j’ai interprété ce décalage comme le syndrome de l’imposteur car je n’étais pas capable de voir les choses. En effet, à l’époque je me comparais à ma superviseuse qui avait 20 ans d’expérience !
Mais parce que comme tout métier, au début ton cerveau n’a pas encore assez d’expériences concrètes pour automatiser la confiance. D’où le doute et les pensées intrusives comme : “Je ne suis pas prêt·e.” “Ça se voit que je raconte n’importe quoi là .” “Un jour, on va se rendre compte que je suis une fraude.”
Alors qu’en réalité, tu es surtout en train d’acquérir de l’expérience et de construire ta pratique.
Il faut distinguer deux réalités différentes : le manque de confiance lié au début de pratique, qui disparaît naturellement avec l’expérience, et le syndrome de l’imposteur à proprement parler, qui persiste malgré les preuves répétées de compétence.
Et c’est souvent cette différence qui évite de te tromper de combat.
Quand le doute reste : retrouver une posture intérieure stable
C’est important de comprendre les mécanismes qui peuvent saboter notre pratique🧠. Mais face à la réalité du cabinet, cela ne suffit pas toujours.
Pour dépasser le syndrome, il est important de travailler sur ton allié dans ton métier : la posture.
Ainsi, en prenant le temps de t’analyser tu pourras évoluer et surtout rester stable. Pour cela, tu peux répondre à quelques questions comme
Comment tu te regardes quand le doute est là ? Est-ce que tu te juges ? Est-ce que tu essaies de “corriger” ce que tu ressens ? Ou est-ce que tu arrives à rester en lien avec toi-même sans te retourner contre toi ?
Ces questions, je me les pose à chaque nouveau défi, pour m’aider à revenir à moi-même car la connaissance de soi est la clé d’une posture stable.💪🏾
Le plus central dans ta pratique : mieux te connaître, et apprendre à t’accepter dans ton niveau actuel, bien sûr avec ton expérience, tes forces et aussi tes zones d’inconfort.
S’accepter, c’est aussi se protéger des contre-transferts. Quand tu ne reconnais pas tes propres zones d’inconfort, elles s’invitent en séance sans que tu t’en rendes compte.
J’ai appris avec l’expérience qu’avoir des doutes n’est jamais le problème. C’est plutôt la manière dont tu les interprètes et les traites.
Et c’est précisément là que tu peux t’appuyer sur des leviers forts pour ne pas te laisser embarquer par cette dynamique. Voici mes chouchous !
3 outils concrets pour continuer à accompagner malgré les doutes
Revenir au factuel contre la distorsion cognitive
La distorsion cognitive liée au syndrome de l’imposteur, c’est ce mécanisme qui te fait zoomer uniquement sur ce qui ne va pas — en rendant invisible tout ce qui fonctionne déjà bien dans ta pratique.
Et pour casser ce biais, il n’y a qu’une seule chose efficace : revenir aux faits. Pas à tes impressions. Pas à ce que ton cerveau te raconte à chaud. Mais uniquement les faits.
Concrètement, ça ressemble à quoi ? Après une séance, ou comme moi lors de mon bilan de semaine, tu prends tes notes, tes enregistrements, tes faits cliniques. Et tu te poses ces deux questions :
➡️ Qu’est-ce qui est déjà stable dans ma posture ? ➡️ Qu’est-ce que mes clients me verbalisent concrètement en fin de séance ?
Ce n’est pas de la pensée positive. Ce n’est pas de la méthode Coué. C’est une analyse objective de ta réalité de terrain. Personnellement, je ne passe pas une semaine sans le faire. 💪🏾
Pratiquer la défusion cognitive (issue de l’ACT)
La défusion cognitive, issue de la thérapie ACT, est une technique qui consiste à observer ses pensées sans les laisser dicter ses actes. Appliquée au cabinet, elle permet de douter tout en continuant à accompagner efficacement. C’est mon outil chouchou pour travailler le syndrome de l’imposteur😊.
Et concrètement, ça donne quoi ?
Plus tu t’épuises à lutter contre le doute pour le faire disparaître, plus il prend de la place. C’est de la mécanique pure. Donc l’enjeu, c’est d’apprendre à laisser exister la pensée sans lui permettre de piloter tes interventions.
En séance, tu peux essayer ça : quand le doute arrive, tu le nommes mentalement. « Ah, voilà la pensée ‘je ne suis pas à la hauteur’ qui passe. Tu l’observes. Et tu continues. Par contre , tu ne lui demandes pas de partir et tu ne te bagarres pas avec elle. En réalité, tu fais juste ton boulot.
Tu peux avoir le cœur qui bat et rester parfaitement disponible pour ton client en même temps. Le doute a le droit d’être dans la pièce — mais il reste assis sur la chaise d’à côté. Ce n’est pas lui qui tient les rênes de la consultation.
S’ancrer dans le réel de la séance contre l’interprétation
S’ancrer dans le réel, c’est la capacité à revenir aux faits bruts de ce qui s’est passé en séance — sans laisser ton mental réécrire l’histoire après coup.
Parce que le syndrome de l’imposteur adore la douche et le canapé de 21h. C’est là qu’il réécrit tes séances en film d’horreur. 😖 Il prend un silence un peu long, une reformulation maladroite, un client distrait — et il en fait une preuve que tu n’es pas à la hauteur.
Reviens strictement au matériel brut de ta séance :
➡️ Ce qui s’est vraiment dit. ➡️ Ce qui a vraiment bougé chez ton client. ➡️ Le cadre que tu as vraiment tenu. Pas ce que ton cerveau te raconte deux heures après.
Pour ma part, je marche tous les matins et je pratique la pleine conscience avant chaque session. Pas pour être parfaite. Pour être présente. Et c’est suffisant. 🌿
Le rôle de la supervision : l’outil indispensable de ta pratique
➡️ Alors, travailler sur sa posture au quotidien est nécessaire, mais cela a ses limites. Car dans notre profession, il y a une règle fondamentale : on ne peut pas valider seul·e une pratique qui, par essence, nécessite un regard extérieur pour être correctement ajustée.
C’est ma plus belle leçon que j’ai tirée dès le début de ma pratique.😌
Voilà pourquoi la supervision n’est pas vraiment une option, un luxe, ou une solution de secours quand le doute devient trop fort. C’est un outil structurel et indispensable et régulier.
À mon sens en pratique, le danger n’est pas de douter, c’est de douter seul·e dans son coin. Parce que sans cadre extérieur stable pour valider, questionner ou remanier ce que tu fais, ton seul point de repère reste ton propre regard. Or, ce regard est constamment influencé par la fatigue, la pression de bien faire, et le manque de reconnaissance institutionnelle de notre métier.
En supervision, tu explores d’abord tes situations cliniques pour vérifier la justesse de tes accompagnements. Ensuite, tu clarifies ce qui t’appartient, ce qui appartient au client, et ce qui relève du contexte. Et surtout, tu structures ta pratique sous le regard bienveillant d’un pair expérimenté. »
Ainsi, la supervision ne vient pas réparer un manque de compétences ; elle vient sécuriser et pérenniser ton exercice. C’est ce qui te permet de passer du praticien isolé au thérapeute solidement ancré. Et te libérer du syndrome de l’imposteur.
➡️ As-tu envie d’inscrire ta pratique dans ce cadre de clarté, de sécurité et de structure ?
Alors, je te propose de réserver un appel découverte gratuit. Ensemble on fait le point sur ton activité et tes besoins pour voir comment mon accompagnement en supervision peut t’aider à solidifier durablement ta pratique et ta posture.
Pourquoi la supervision est indispensable face au syndrome de l'imposteur ?
Le syndrome de l’imposteur chez le psychopraticien ne disparaît pas du jour au lendemain. Mais il perd de sa force quand tu arrêtes de le porter seul·e.😉
Tu as maintenant les clés pour comprendre ce mécanisme, travailler ta posture et ne plus te laisser embarquer par la petite voix. Ce qui change vraiment la donne ensuite, c’est d’avoir un espace pour déposer ce que tu vis — sans te juger, sans te justifier.
C’est exactement ce que je te propose en supervision.
➡️ Tu veux qu’on en parle ? Réserve un appel découverte gratuit — c’est gratuit, sans engagement, et ça pourrait bien changer ta façon de vivre ton métier.
